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COMPTE-RENDU DE LA VISITE AU LOUVRE DES TERMINALES L (octobre 2018)

vendredi 21 décembre 2018 par Webmestre

Présentation de la journée
La classe de Terminale littéraire a visité le musée du Louvre le 15 octobre 2018. La visite s’est divisée en deux parties. Tout d’abord, nous avons assisté à une visite guidée le matin sur les peintures romantiques du XIXème siècle. L’après-midi a été consacré à une visite en autonomie sur un thème choisi.

I. LA MATINÉE : VISITE GUIDÉE SUR LES PEINTURES ROMANTIQUES

1) Jacques-Louis David, peintre néoclassique
Nous avons premièrement vu les œuvres de Jacques Louis David. C’était le peintre de Napoléon Premier, vers la fin du XVIIIeme siècle (1748-1828). Le mouvement dans lequel s’inscrivaient ses oeuvres était le néoclassicisme. La source principale des artistes de ce courant était l’époque de l’Antiquité gréco-romaine.

Nous avons vu le tableau Le Serment des Horaces. Ce tableau illustre l’épisode de la la bataille qui confrontait les Horaces et les Curiaces. Nous voyons au premier plan les trois frères Horaces qui prêtent serment sur les épées que tiennent leur père. Ils sont valorisés par les couleurs vives, notamment le rouge qui est très présent , ainsi que par leur posture. Ce tableau est particulièrement dynamique grâce aux lignes droites en diagonales. Elles montrent leur détermination, leur énergie et créent une impression de mouvement. Ils symbolisent le courage, la bravoure et le sacrifice pour un groupe.

Cela contraste avec les femmes au second plan qui sont désespérées que les hommes risquent leur vie. Les couleurs de leurs vêtements sont plus ternes et froides ce qui montre leur profonde tristesse. Des lignes courbes donnent une impression de mollesse et traduisent la vulnérabilité des personnages.
Le tableau est épuré, avec très peu de détails, ce qui permet de mieux faire comprendre l’histoire du tableau aux visiteurs en valorisant les personnages.

2) Un précurseur du Romantisme : Girodet
En outre, nous avons vu Le Sacre de Napoléon puis Atala, peint en 1801 par Girodet (1767-1824). Ce tableau, qui nous a permis d’aborder le mouvement romantique, est inspiré du livre de François-René de Chateaubriand (un aristocrate qui s’est exilé en Amérique) Atala ou les Amours de deux sauvages dans le désert, qui raconte l’histoire d’un amour déchiré entre passion et devoir moral religieux.
Atala est une jeune Indienne qui est née dans une famille chrétienne. Elle est tombée amoureuse de Chactas. Vouée depuis l’enfance à la religion par sa mère, elle a fait vœu de chasteté et de célibat, elle doit ainsi consacrer sa vie à Dieu. Afin de ne pas faire de mal à Chactas, mais aussi afin de ne pas rompre sa promesse envers Dieu, elle a préféré se suicider pour tenir sa promesse.

Au premier plan, elle est portée par un prêtre et l’homme qu’elle aime dans son tombeau creusé, assez sombre, ce qui représente la mort. La lumière du jour est portée sur le corps de la jeune femme qui se trouve dans une sorte de grotte en pleine nature. Le reste du tableau est assez sombre sauf le corps d’Atala et la croix chrétienne en arrière-plan qui est aussi illuminée. La religion est alors très présente dans ce tableau chrétien, tout comme la nature qui représente un endroit de repos, de recueillement, de paix et de méditation pour les Romantiques. Pour ces peintres, la nature est un environnement favorable pour être au contact de Dieu. Enroulée dans un drap blanc, Atala représente la pureté.
Le mouvement romantique, auquel se rattache ce tableau, est apparu au XIXeme siècle, soutenu par une nouvelle génération d’artistes qui a souffert de la Révolution française : il y a eu en effet beaucoup de morts, cet événement violent a créé un traumatisme pour la génération qui a connu la Révolution française mais aussi la suivante, celle de 1830. La France était alors à reconstruire, les Français devenaient incertains de l’avenir, pessimistes. Nous avons appris que les révolutionnaires avaient interdit la religion.

3) Les tableaux romantiques d’Antoine Gros
Nous avons également vu le Portrait de Christine Boyet, morte de la Tuberculose, par Antoine Gros. Ce tableau montrent que l’amour est une lumière dans les ténèbres du Romantisme, qui place souvent la mort au cœur des œuvres. En effet, l’amour et la mort sont des thèmes récurrents dans les peintures romantiques. La religion joue un rôle consolateur pour les artistes et le jeu de clair-obscur donne une impression de mystère, d’incertitude.

Ensuite, nous avons vu que l’Orientalisme était une tentation pour les jeunes peintres romantiques désabusés par la France et l’Europe en général, qui rêvent d’ailleurs. Dans le tableau Bonaparte visitant les pestiférés de Jaffa d’Antoine Gros (1771-1835), on voit Bonaparte, au centre, qui rend visite aux soldats atteints de la peste, alors qu’il est en pleine conquête du pays. Ce tableau évoque les débuts de carrière de Napoléon en tant que général. En effet, cet homme politique est très apprécié des peintres romantiques pour qui il apparaît comme un héros.
Dans cette peinture, Bonaparte est mis en valeur grâce à la zone claire dans laquelle il se situe. Le reste du tableau est plus sombre. Autour du général, on peut voir plusieurs personnages, des pestiférés, au teint pâle, blanchâtre, ce qui souligne leur fragilité et leur fatigue. Il y a même des cadavres au premier plan : les Romantiques n’hésitent pas à représenter ce qui touche concrètement à la mort.

En arrière-plan, en haut à droite, on peut voir une mosquée qui est représentée, ce qui est une première dans la peinture romantique !
On retrouve aussi beaucoup de couleurs chaudes puisque ce tableau représente en fait un pays où il fait chaud : l’Égypte.

4) Eugène Delacroix : une star du Romantisme
On retrouve aussi cette dimension orientale dans La Mort de Sardanapale d’Eugène Delacroix (1798-1863), avec les couleurs chaudes ; l’architecture de la mosquée rappelle les pays de l’Orient. En effet, l’Orient constituait une source d’imagination privilégiée pour les artistes qui rêvaient alors de pays lointains, loin de l’industrialisation qu’ils subissaient.

Nous avons aussi vu l’un des tableaux phares du mouvement romantique : La Liberté guidant le peuple d’Eugène Delacroix. Cette oeuvre illustre la Révolution de 1830, dont l’objectif était de remplacer Charles X par une République.
C’est un tableau très symbolique : Il y a le drapeau tricolore qui exprime la volonté de révolte contre les rois. La femme au centre est imaginée par les Révolutionnaires. Elle est à moitié nue telle une déesse, c’est une allégorie de la Liberté, qui porte un bonnet phrygien.
Le jeune garçon présent a inspiré Victor Hugo pour le personnage de Gavroche dans Les Misérables.

Ce tableau est caractéristique du romantisme car nous y retrouvons l’héroïsme, le mouvement, l’ambiance mortifère ainsi que le clair-obscur. L’effet de mouvement est renforcé grâce à la fumée présente, qui donne l’impression que l’air "vibre" autour des personnages.
La scène se situe à Notre-Dame de Paris, que l’on peut voir dans le fond, à droite du tableau.

5) Bilan d’étape : quelques caractéristiques du mouvement romantique
Dans les tableaux romantiques du XIXème siècle, certains thèmes ressortent :
- la mort, la plupart du temps associée à l’amour : tous les tableaux que nous avons vus la représentaient d’une façon ou d’une autre.
- La nature : c’est une sorte de refuge pour les romantiques, une source de recueillement et de repos.
- La religion : plusieurs signes religieux apparaissent dans les tableaux romantiques (croix chrétienne, présence d’un prêtre dans Atala, ...

6) Le romantisme : un mouvement artistique jugé scandaleux
Enfin, nous avons vu plusieurs œuvres qui remettaient en question les valeurs de leur époque, ce qui a fait polémique et qui a été beaucoup critiqué. En effet, les peintres romantiques préféraient montrer la réalité de leur époque plutôt que de ne peindre que ce qui était accepté par les spectateurs et les normes de l’époque.

Nous avons ainsi vu plusieurs portraits de soldats avec leur cheval peints par Géricault, notamment celui du Cuirassier blessé quittant le feu. Il montre un officier, tenant la lanière de son cheval, fuyant le champ de bataille que l’on retrouve en arrière-plan. Géricault montre que l’être humain a des moments d’invidualisme, de peur, n’est pas toujours héroïque. De plus, il est peint sur un grand format, réservé pour les héros alors que dans son attitude, tout nous montre le contraire : c’est cela qui a particulièrement choqué les spectateurs de l’époque.

Le tableau du Radeau de la Méduse, très célèbre, a quant à lui également fait scandale pour plusieurs raisons. Ce radeau était chargé de la traite négrière mais il sombra au large des côtes d’Afrique. Delacroix a choisi un sujet d’actualité. Premièrement, la nudité morbide réaliste des hommes présents sur le radeau était quelque chose qui a choqué beaucoup de personnes à l’époque. Ensuite, le fait que des cadavres soient aussi explicitement représentés (on voit notamment le buste d’un homme sur la gauche dont on peut facilement imaginer que le reste du corps n’est plus) était quelque chose de choquant pour cette époque.

Dans ce tableau, Géricault voulait montrer les différentes réactions de l’Homme face à la difficulté. On remarque ainsi que l’homme au premier plan a un air défaitiste, comme s’il avait abandonné tout espoir alors qu’en arrière-plan, en haut du tableau, un homme semble au contraire plein d’espoir et agite un drapeau afin qu’on vienne les sauver.
En outre, l’homme plein d’espoir qui agite le drapeau sur le radeau est noir, ce qui a beaucoup choqué la société de l’époque qui était en grande partie raciste. Le fait de mettre une personne de couleur en valeur était ainsi une sorte de prise de position politique.

II. L’APRÈS-MIDI : VISITE EN AUTONOMIE SUR UN THÈME CHOISI
Le principe
Après la pause déjeuner, nous avons fait une visite en totale autonomie en petits groupes sur des thèmes différents que nous avions choisi par le biais d’un sondage sur l’ENT où chacun de nous avait pu voter pour le thème de son choix ("Rois, reines, empereurs", "La musique", "Les animaux", "La gastronomie"...).
Dans le musée nous devions chercher plusieurs œuvres en rapport avec notre thème et prendre des notes sur des informations importantes et une photo pour chaque oeuvre trouvée. Nous avions un plan du musée pour pouvoir nous repérer et une feuille dans laquelle il y avait les tableaux, les objets et les sculptures que nous devions chercher. Nous avions un temps limité afin de trouver 4 œuvres et des consignes pour compléter au mieux notre travail avec nos notes.

Le témoignage d’Emmy
Nous avions une feuille sur laquelle une vingtaine d’œuvres étaient inscrites. Le but était de retrouver quatre de ses œuvres à l’aide du plan ; il fallait les décrire, prendre une photo avec et prendre des notes pour récolter un maximum d’informations sur les œuvres. Ses œuvres pouvaient être des tableaux, des sculptures, des objets, des fresques murales.
Ce qui était dommage, c’est que certaines œuvres n’étaient pas présentes, elles avaient été envoyées dans d’autres musées pour qu’elles soient exposées dans d’autres pays, ou bien certaines salles étaient fermées pour des rénovations. Si par moment nous avions du mal à trouver certains objets nous pouvions faire appel à des personnes se trouvant dans le musée.

Pour ma part, cette sortie m’a permis d’approfondir ma culture générale avec des tableaux et des peintres qui m’étaient encore inconnus, mais aussi d’enrichir mes cours de littérature. Cette sortie nous a appris beaucoup sur le mouvement romantique que nous étudions cette année en littérature, et on a pu voir que ce mouvement concernait aussi la peinture. Durant la visite nous avons pu constater que l’art pouvait servir à défendre des valeurs, mais aussi à critiquer ce qui se passait dans le monde. Visiter le Musée du Louvre m’a aussi permis d’être plus autonome, car durant la première visite nous étions en prise de notes constamment et c’était donc à nous de juger si les informations que l’on recevait étaient utiles pour notre travail ou non. Puis durant l’après-midi nous devions être autonomes, et gérer les choses seuls.

Pour finir, une petite anecdote : durant cette sortie nous avons eu la surprise de rencontrer Brigitte Macron, qui visitait elle aussi le musée !

Article rédigé par la classe de Terminale L (T1)


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